Le trek du tour des Annapurna au Népal – avril 2012
Laura, Guillaume et les papas à la montagne.

En suivant à pied cette piste très ancienne, on monte régulièrement en dix jours environ de Besisahar (altitude 760 m) jusqu’au col de Thorung La (altitude 5416 m) puis on redescend rapidement jusqu’à la petite ville de Jomson. On contourne ainsi le grand massif des Annapurna dont le principal sommet culmine à 8091 m.
La montée progressive permet de traverser de nombreux villages montagnards népalais, et laisse bien le temps de voir les habitants qui vivent au bord du chemin, et aussi la végétation et les activités qui changent avec l’altitude.
En 2012, il n’y avait pas encore de route accessible aux véhicules, mais on sentait bien que bientôt tout allait changer dans la vie de ces montagnards isolés : arrivée de la piste et des véhicules 4×4, construction d’un barrage, arrivée de l’électricité et des téléphones …
Nous étions partis pour admirer des montagnes, nous avons aussi trouvé un peuple très attachant.

Crédit photos : Laura, Guillaume, Jean Luc, Gérard
Voici le récit des douze journées de rando, complétées par un petit séjour à Pokhara et les visites de Katmandou.
Vendredi 13 avril 2012
L’avion Aibus A340-600 parti de l’aéroport de Paris Charles de Gaulle hier soir fait escale à Doha, étape obligée des voyages vers l’Asie. Dans cet aéroport, on se croirait aux Nouvelles Galeries. On trouve tout ici et ils acceptent nos dollars, nous prendrons des biscuits écossais « short bread ».
Samedi 14 avril 2012
Nous sommes maintenant pour six heures dans un petit bus parti de Katmandou vers Besi Sahar, village au bout de la route, au début du trek du tour des Annapurnas. Il a fallu changer le programme et quitter immédiatement Katmandou, par crainte de blocages de la route …
L’adaptation au pays est immédiate : la traversée de Katmandou à la lueur des feux de poubelles, la conduite à gauche et les dépassements sans visibilité sur cette route de montagne, un premier repas népalais où nous découvrons le plat du pays Dal Bhat. Vers deux heures du matin, heure locale, nous arrivons enfin dans un hôtel sans eau et sans électricité.
Dimanche 15 avril 2012
Le lendemain matin, nous sommes réveillés par un bruit d’ambiance extérieure : il fait beau et très chaud, il y a du monde partout. Pour l’instant, on se demande pourquoi on a amené des doudounes.

Le petit déjeuner est l’occasion de découvrir le pain thibétain et le thé noir. Il faut dire qu’à ce moment nous avons bientôt fait le tour de la gastronomie népalaise !


La première étape est idyllique et toute en douceur. Le chemin est très fréquenté, il y a des animaux (buffles, chèvres, … ) et des hommes et femmes qui nous saluent toujours en joignant les mains (namasme).

Nous arrivons à Bulbule vers 14h, ça tombe bien nous avons sérieusement besoin d’un sieste. Pour la répartition des chambres, Baktha a prévu de mettre Laura avec son papa.
Le village est traversé, comme on le verra souvent par la suite, par une grande passerelle métallique pour le passage des hommes et des bêtes. Il y a quelquefois un pont de bois ou de pierre en contrebas pour les passage des bêtes.

Lundi 16 avril 2012
A partir de 5h30, il fait grand jour et ça s’agite au dehors. On comprend tout de suite que nos horaires seront décalés.
Après le petit déjeuner fait de pain tibétain (ça ne va plus changer), nous partons vers Bahundanda où nous allons déjeuner. On fera toujours une pause « thé noir » vers 10 h.
Au fond de la vallée, après la passerelle, nous découvrons la montagne imposante et enneigée du Manaslu (8163 m). C’est le début du printemps. Dans les champs, les femmes et les enfants repiquent du maïs. On peut voir des serres en bambou pour les tomates. Dans les villages, il y a souvent un bougainvillier tout rouge. Le climat est « subtropical » chaud et humide mais on monte, tout cela va changer rapidement.


Après le repas, nous partons vers Syange. Notre guide Baktha commence à parler, en très bon français du Népal, de la France. Il est né à Badel (2500 m) au sud de l’Everest.
Mardi 17 avril 2012
Lever 6h30. Ce matin nous allons marcher le long d’une piste qui présente une activité inhabituelle. On y rencontre quelques jeeps surchargées , mais surtout des népalais qui montent à dos d’homme et de femme toutes sortes de matériaux de construction : ciment, tuyaux en fagots, cables électriques, …

L’explication de cette activité est que nous sommes sur une nouvelle piste et que nous approchons de la zone de construction d’un barrage* qui va sûrement bouleverser la vie montagnarde locale.
* Le Marsyangdi dam construit plus haut à Tal est terminé en 2022.
Pause à Jagat et repas à Chamje.
Une colonie de singes est passée au dessus de nos têtes et nous a jeté des petits cailloux.
Nous rencontrons les premiers villages tibétains. On y entre ou sort souvent par un portail et un monument contenant des rouleaux de prières et des peintures murales.

A partir de maintenant, on verra des drapeaux de prières bouddhistes partout.


Soirée et nuit à Tal, hotel Paradise. Il y a là des népalais (ouvriers pour la construction du barrage ?) qui regardent des films hindi sur une TV branchée à une parabole bricolée. Repas Dal Bhat complet et bière locale au riz.
Coup de théâtre, Baktha nous annonce qu’il est jeune marié.
Mercredi 18 avril
Lever 7h00. Aujourd’hui, cap vers Danaque (ou Danaquyu). Nous alternons des passages sur le chemin et la piste en traversant la rivière Marsyagdi sur des passerelles métalliques.

Nous arrivons à midi à Danaque après avoir traversé les villages de Dharapani et Bagarshap.
Le village et l’hôtel Annapurna sont très accueillants. Il y a aussi la petite Rachilla qui nous fait visiter son école et improvise un spectacle de danse.

Jeudi 19 avril 2012
Il fait grand beau temps après la pluie de la nuit. Nous montons dans les rhododendrons vers Timang. La vue sur le Manaslu est magnifique. Déjeuner à Tanschok avec des montagnes tout autour de nous puis arrivée à Chame, chef lieu du district.


Les soirées tous ensemble avec guide et porteurs sont l’occasion d’échanges sur leurs façons de vivre et leurs deux religions qui cohabitent sereinement.
Vendredi 20 avril 2012
A l’altitude de 2700 m, nous sommes maintenant dans l’espace dit alpin couvert de sapins.
Pour le repas de midi, à Dhukure Pokhari (alt 3200 m), on se croirait au mois d’août dans le Bergons avec l’odeur chaude des sapins. Nous avons maintenant vue sur de nouveaux sommets : Thulu, Lagsum Himal, Annapurna II et Pisan Peak.

Nous passons par le monastères de Upper Pisang qui vient d’être réhabilité. Les peintures intérieures sont magnifiques. Un moine nous offre le thé que nous prenons assis en tailleur sur les tapis.


Diner autour du poêle à Lower Pisang. Les nuits sont plus fraiches.
Samedi 21 avril 2012
Aujourdh’hui, on commence par une montée de 500 m vers Ghyaru (3650 m), magnifique village de pierre avec un monument bouddhiste puis déjeuner à Ngawal.
Le paysage est plus désertique mais les champs sont cultivés. Le long du chemin, scènes pittoresques. Des paysans de labourent un champs en terrasse avec deux buffles. Le fumier a été déposé en petits tas réguliers.

Dans l’après midi nous arrivons à Manang, petite ville de montagne au fond d’une large vallée glaciaire. Nous sommes à plus de 3500 m d’altitude, et demain, nous commençons notre acclimatation pour éviter le redouté mal des montagnes.

Soirée autour du feu à l’Hotel Mona Lisa.
Dimanche 22 avril
Lever à 6 heures. Nous avons le temps, avant le petit déjeuner, de prendre de la hauteur et photographier les sommets enneigés au lever du soleil.
Ensuite, montée au lac Gangapurna et son belvédère au pied des glaciers qui descendent des sommets de 8000 m. C’est un point de vue extraordinaire sur les massifs des Annapurna et du Manaslu et la suite du chemin vers le col de Thorung La qui est notre objectif. Mais il y a encore 2000 m à monter, plus des montées et descentes pour nous acclimater.
A la descente, un festival de vautours se partagent une carcasse de taureau au bord de la rivière.
Dans l’après midi, nous assistons à une conférence sur le mal des montagnes donnée par les américains bénévoles de la Himalayan Rescue Association.

Repas autour du feu avec le bonnet. Maintenant, il n’y a plus de bois à bruler et la bouse de yak a un très faible pouvoir calorifique. Nous en avons aussi fait l’expérience cet après midi assis pendant deux heures dans une petite salle de « cinéma » avec poêle et pop corns projetant une K7 VHS.
Lundi 23 avril
Il a neigé cette nuit ! Mais grand beau temps ce matin.
Montée de 500 m vers Gunsang (ou Ghushug) où nous prenons le rituel black tea.
Vue magnifique … photo panoramique.

Ensuite deux heures de marche à 4000 m jusqu’au repas à Yak Kharka du haut où nous passerons la nuit.
L’après midi, nous remontons de 300 m pour nous acclimater. Vues sur le Leder et les yacks et mouflons dans la neige.

La soirée sans eau et sans électricité est un peu rude, mais nos amis népalais nous disent plein de choses intéressantes. On nous rappelle aussi les conditions : si quelqu’un est malade ou ne peut plus suivre (et c’est assez fréquent), il y a une mule ou un cheval mais il faut sortir beaucoup de dollars.
La nuit est agitée pour nous, il fait froid, l’oxygène se fait rare.

Mardi 24 avril
Au lever à six heures, il gèle dans la chambre mais dehors c’est grand beau temps. La vue par la fenêtre sur les sommets enneigés est magnifique.

Nous allons rejoindre Thorong Phedi puis High camp qui se situe à la hauteur du Mont Blanc (4810 m), mais avec des montagnes bien plus hautes tout autour.
Nous redescendons passer la soirée et la nuit à Thorung Phédi Hotel New Phédi. Nous logeons dans un bungalow occupé par des lérots. Demain lever 3 heures et passage du col au point culminant du trek !
Mercredi 25 avril
Lever 3h00 et départ à la frontale.
Lente montée de 4h30 pour 900 m de dénivelé en repassant par High Camp puis une cabane où on nous sert du thé.
Au col à 5416 m d’altitude, accolades, embrassades, larmes, photos souvenirs sous les drapeaux de prière agités par le vent à – 5 degrés.

Après ce point culminant, maintenant suroxygénés, nous entamons une longue et rapide descente dans un paysage désertique vers Phedi (4200 m, repas) puis Muktinath (3750 m).
Muktinath est une ville fantôme peuplée d’hotels, haut lieu de pèlerinage hindou et bouddhiste. On verra les pèlerins se baigner tout habillés dans l’eau glaciale et purificatrice des piscines sacrées.
Jeudi 26 avril
Trajet dans une large vallée vers Jomson via Jarkhot.
Le paysage est désertique et venté mais il y a des cultures en terrasses et irriguées donnant des touches de verdure dans cette vallée aride.
Nous sommes au bord du royaume de Mustang. Mais c’est pour nous un retour à la civilisation : route, 4×4, hôtels pour pèlerins et touristes qui arrivent directement au petit aéroport.
Vendredi 27 avril
Très tôt le matin, avant la montée du vent, nous prenons un petit avion qui nous amène de Jomson à Pokhara. C’est le moment le plus dangereux de notre voyage.
Arrivée matinale à Pokhara, ce qui nous laisse beaucoup de temps pour une journée agréable dans cette « station de villégiature » avec Bénédicte et Robin, amis de Laura : navigation en barque sur le lac, repas au bord de l’eau, soirée folklorique.

Samedi 28 avril
Trajet de huit heures en « bus touristique » pour le retour à Katmandou. C’est l’occasion de voir les népalais de la plaine en pleine activité dans les champs.
A Katmandu, nous découvrons une ville très dépaysante pour nous : du monde partout à pied ou sur deux roues, pas de noms de rue, déballage des fruits à même le sol sur les marchés, réseau électrique foisonnant mais coupures fréquentes, …

Dimanche 29 avril
Bhakta nous emmène visiter la cité médiévale de Bhaktapour. Pour s’y rendre en taxi (à cinq + chauffeur), nous découvrons la circulation indescriptible.
Ce site est un musée à ciel ouvert, avec de nombreux temples et pagodes.
Pour le retour, nous prenons le bus, les népalais adorent la musique hindi.
Lundi 30 avril
Pashupatinath est un site sacré de culte Hindou au bord de la rivière sacrée Bagmati. On a pu y voir des crémations et des sadhus « clochards ».

Swayambunath présente sur une colline un temple bouddhiste et un stupa, attention aux singes !

La mousson arrive, il fallait partir.
